Des êtres humains altruistes ? Ou sont-ils en réalité égoïstes ?

Dans cet article de blog, j'examinerai la perspective qui explique le comportement altruiste à travers l'hypothèse de la « signalisation coûteuse » et j'en discuterai les limites.

 

Le paradoxe du comportement altruiste : pourquoi est-ce un problème ?

Comment réagiraient les gens si un inconnu leur demandait de participer à un simple sondage ? Du point de vue du répondant, répondre à ce sondage demande du temps et des efforts sans offrir de récompense directe. Cela peut donc paraître irrationnel, un comportement qui n’apporte aucun gain personnel et qui, en réalité, se traduit même par une perte. Pourtant, les données empiriques montrent qu’un nombre significatif de personnes répondent à ce type de sondages.
Ce comportement peut être qualifié d'altruiste dans la mesure où « un individu fait un sacrifice pour le bien du groupe, même au prix d'une perte personnelle ». Bien que la personne interrogée y consacre du temps et des efforts à court terme, les données recueillies peuvent contribuer à la recherche sociale ou à l'amélioration des politiques publiques. À l'inverse, refuser de participer à l'enquête et privilégier uniquement son propre intérêt peut être perçu comme un comportement égoïste.
Le problème est que, d'un point de vue évolutionniste, l'altruisme contredit l'intuition. Selon la théorie de la sélection naturelle de Darwin, les gènes conférant un avantage compétitif survivent ; par conséquent, les individus altruistes qui supportent des coûts semblent désavantagés sur le plan compétitif et finiraient par disparaître. Pourtant, on observe de nombreux comportements altruistes dans la société moderne. Cette contradiction fait l'objet de débats parmi les chercheurs depuis longtemps, et diverses théories ont été proposées pour l'expliquer.

 

Le cœur de l'hypothèse de la signalisation coûteuse

L'hypothèse du coût de la signalisation ne considère pas le comportement altruiste comme un simple sacrifice, mais comme un signal augmentant la probabilité de récompenses futures. Autrement dit, lorsqu'un individu adopte un comportement altruiste, ce comportement constitue un signal informant autrui. Ce signal peut accroître la valeur attendue des récompenses que l'individu recevra ultérieurement.
Dans le règne animal, de tels signaux peuvent accroître les chances de reproduction ou de survie. Chez l'humain, les avantages peuvent se traduire par des bénéfices financiers et sociaux, de meilleures perspectives d'emploi ou un choix de partenaire plus favorable. Ainsi, la perte immédiate est compensée par des gains futurs, ce qui en fait un choix rationnel.
Dans cette perspective, les personnes qui adoptent un comportement altruiste peuvent être considérées comme fondamentalement égoïstes. Autrement dit, ce sont des acteurs stratégiques qui n'agissent pas uniquement en fonction de l'action immédiate, mais qui prennent plutôt en compte les bénéfices futurs que cette action engendrera.

 

Fonctionnement de la signalisation : études de cas

De nombreux actes altruistes, allant d'un simple don de sang à des dons valant des centaines de millions de wons, s'expliquent par l'hypothèse du coût de la signalisation. Par exemple, une personne qui donne son sang investit du temps et de l'argent dans le don, mais transmet à son entourage le message « Je suis en bonne santé ». Cette information peut lui être utile dans sa recherche d'emploi ou pour gagner la confiance de ses proches, et potentiellement lui apporter des avantages à long terme.
De même, si les dons importants peuvent sembler engendrer des coûts considérables au premier abord, leur divulgation publique révèle la richesse et la générosité du donateur, signalant fortement la probabilité d'avantages futurs, tels qu'un statut social plus élevé, de meilleures perspectives matrimoniales et un réseau social élargi. Par conséquent, plutôt que d'être simplement « altruistes », ces donateurs peuvent être perçus comme adoptant un comportement calculé, prenant en compte leurs gains futurs.
Le terme « coûteux » souligne que la force du signal est proportionnelle au coût de l'acte. Plus le coût d'un acte est élevé, plus il est rare et plus il attire l'attention ; par conséquent, il est perçu comme un signal plus fort. Si le don de sang est relativement peu coûteux et fréquent, les dons se chiffrant en centaines de millions de wons – que seule une poignée de personnes peuvent se permettre – suscitent un intérêt considérable. Cependant, même pour un même acte, la force du signal varie selon la fréquence et le contexte. Par exemple, une personne qui donne son sang plus de 50 fois par an envoie un signal plus fort qu'un donneur de sang occasionnel.

 

Limites et questions sans réponse

Bien que l'hypothèse du coût de la signalisation fournisse une explication convaincante à de nombreux comportements altruistes, elle ne rend pas compte de tous les cas. Cette hypothèse repose sur le principe qu'une action doit être visible pour être perçue comme un signal. Or, dans les faits, certains dons et actes de service restent confidentiels. Par exemple, donner anonymement des centaines de millions de wons sans laisser de trace est difficilement explicable par la théorie de la signalisation.
De plus, un même comportement altruiste peut être interprété différemment selon le contexte et la culture. Dans certaines sociétés, les dons publics n'entraînent pas nécessairement de récompenses sociales directes, tandis que dans d'autres, les motivations intrinsèques d'un individu – telles que ses convictions morales ou son empathie – peuvent jouer un rôle déterminant. Par conséquent, bien que l'hypothèse du coût de la signalisation soit un outil utile, elle ne permet pas d'expliquer tous les aspects de l'altruisme.
En conclusion, si des considérations stratégiques liées aux gains futurs peuvent sous-tendre de nombreux actes altruistes, cela ne justifie pas de conclure que tous les individus altruistes sont « en réalité égoïstes ». Pour expliquer pleinement cette question, des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d’examiner la portée de la théorie de la signalisation, le rôle de l’anonymat, ainsi que les facteurs culturels et psychologiques.

 

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