Comment le film « Le Prince d'Égypte » représente-t-il les costumes de l'Égypte antique ?

Dans cet article de blog, j'examinerai les caractéristiques des costumes de l'Égypte antique tels qu'ils sont représentés dans le film d'animation « Le Prince d'Égypte », la manière dont ils sont dépeints et leur signification du point de vue de l'histoire du costume.

 

Le film et mon parcours personnel

J'ai découvert la civilisation égyptienne à l'école primaire, et mon intérêt s'est ravivé lors d'un cours d'« Histoire du costume occidental » à l'université. Désireuse de mieux appréhender les vêtements de l'Égypte antique – que je n'avais jusque-là vus que dans des livres et des illustrations –, j'ai cherché un film et suis tombée sur « Le Prince d'Égypte », un dessin animé qui m'avait profondément marquée. Malgré son statut de film d'animation pour enfants, la représentation des vêtements – reflétant le contexte historique et socioculturel – m'a paru bien plus fidèle que je ne l'avais imaginé ; cet article propose donc une analyse de ces représentations dans une perspective d'histoire du costume.

 

Un bref aperçu et un intérêt pour le costume

Le film se déroule à une époque où le pharaon d'Égypte ordonna le massacre de tous les nouveau-nés hébreux de sexe masculin. Le protagoniste, Moïse, est placé dans un panier par sa mère et abandonné sur le Nil alors qu'il est enfant ; il est ensuite découvert par la reine et élevé comme un prince au palais. Après avoir appris son identité hébraïque, Moïse, après une période de troubles, quitte l'Égypte pour rejoindre le peuple hébreu, et dès lors, le conflit entre le peuple et la classe dirigeante s'intensifie. Bien que le film aborde de nombreux thèmes religieux, j'ai naturellement porté une attention particulière aux vêtements et accessoires des personnages.

 

Vêtements des travailleurs : le pagne et les distinctions de classe

Au début du film, dans une scène où le contremaître (un personnage jouant le rôle d'un superviseur) encadre des ouvriers travaillant sous le soleil brûlant du désert, le pagne (un morceau de tissu rectangulaire enroulé autour de la taille) apparaît pour la première fois. Le pagne était le vêtement le plus rudimentaire de l'Égypte antique et était principalement porté pour le travail ou d'autres activités physiques intenses. Le film représente ce vêtement de base différemment selon la classe sociale : tandis que les ouvriers portent des versions courtes arrivant au-dessus des genoux, le personnage incarnant le contremaître porte un pagne descendant bien en dessous des genoux, soulignant ainsi la différence de statut.
Dans l'Égypte antique, le tissu était une ressource rare, et plus le statut social était élevé, plus on pouvait se permettre de vêtements longs et épais. Il existait donc une coutume qui révélait son statut par la longueur et l'ampleur du vêtement, même si la forme de base restait la même. La représentation des vêtements dans le film reflète assez fidèlement ce point, visualisant la hiérarchie sociale stricte à travers de simples différences de longueur de jupes cintrées.

 

Vêtements et accessoires royaux

Les vêtements du roi et de la reine diffèrent nettement de ceux du peuple. Dans le film, la reine porte une longue robe fourreau sans bretelles, ornée de bijoux et de perles, témoignant de son rang et de sa richesse. Le roi, quant à lui, porte principalement une sorte de manteau (haïk) symbolisant l'autorité et enroule autour de sa taille un ornement semblable à un shendot pour indiquer son statut. Ce style présente de nombreuses similitudes avec des artefacts anciens.
Les bijoux n'étaient pas de simples ornements, mais revêtaient une signification magique. Dans le film, les décorations de la couronne, le diadème et la représentation de l'uræus (cobra) ont été recréés en empruntant ces symboles originaux. L'uræus de la reine symbolise la « femme qui s'élève », tandis que le faucon du roi est un symbole traditionnel de bravoure et d'autorité. De plus, le film illustre avec justesse comment le roi et les princes se rasent la tête ou portent des perruques, et comment le pharaon arbore une fausse barbe pour affirmer son autorité et sa maturité.

 

Maquillage et apparence physique

Un aspect particulièrement frappant du film réside dans la représentation du maquillage. En réalité, les anciens Égyptiens appliquaient un maquillage semblable au khôl sur le contour interne de leurs yeux pour les protéger du soleil intense et prévenir les maladies oculaires ; le film utilise un style d'eye-liner similaire pour souligner le regard des personnages, restituant ainsi avec justesse l'atmosphère de l'époque. Cela montre clairement que ce maquillage n'était pas un simple artifice esthétique, mais un élément pratique, profondément ancré dans leur mode de vie et leur environnement.

 

Les limites et les réussites de l'animation

En raison des limitations inhérentes au médium de l'animation, le film peine à restituer la texture des matières, les plis fins et les drapés. Par exemple, les pagnes des ouvriers et du réalisateur étaient probablement en lin respirant, tandis que la robe fourreau de la reine était sans doute confectionnée en lin ou en laine épais et volumineux afin de rendre les plis et le volume. Si les pagnes des classes supérieures étaient longs, amples et fortement plissés, ceux des classes populaires étaient simples et courts ; il est difficile pour l'animation de reproduire parfaitement ces différences de relief et de texture.
Néanmoins, compte tenu de sa vocation de film d'animation pour enfants, le long métrage a su restituer les caractéristiques de l'époque avec une clarté et une intuition surprenantes. Bien que les textures détaillées et le toucher des matériaux aient été omis, il est remarquable que le film ait permis au public de discerner immédiatement le statut social et les rôles grâce à des éléments clés tels que la forme, la longueur, les ornements et les symboles.

 

La valeur du film en tant qu'extension des études sur l'histoire du costume

Le visionnage du film, enrichi par les connaissances acquises en cours et dans les manuels, m'a permis de découvrir des détails qui m'auraient échappé si je m'étais fié uniquement aux livres ou aux photographies d'objets. En tant que médium qui réinterprète les documents historiques d'un point de vue moderne, le film constitue une ressource précieuse pour ceux qui étudient l'histoire du costume.
Pour un étudiant en stylisme, la connaissance de l'histoire du costume est essentielle pour réinterpréter le langage stylistique du passé dans les créations contemporaines. Par conséquent, la consultation, la comparaison et l'analyse régulières de livres, de documents historiques et de médias tels que les films permettent d'enrichir sa sensibilité créative et sa compréhension historique.

 

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