Dans cet article de blog, nous examinerons la nécessité des listes blanches pour la sécurité des installations de production industrielle et les conditions requises pour leur mise en œuvre.
Pourquoi la sécurité des équipements industriels est-elle un problème ?
Les progrès technologiques rapides s'accompagnent toujours de conséquences imprévues. Le terme « ordinateur » englobe ici non seulement les ordinateurs de bureau, mais aussi tous les appareils – téléphones portables, distributeurs automatiques de billets, équipements de production, etc. – qui utilisent des circuits électroniques pour effectuer des calculs à grande vitesse, des contrôles automatisés et le traitement des données. Avec l'introduction de ces appareils dans le milieu industriel, les problèmes de sécurité sont devenus de plus en plus préoccupants.
En particulier, les équipements d'automatisation industrielle ont longtemps été considérés comme relativement sûrs, car ils fonctionnent généralement sur des réseaux fermés, isolés d'Internet. Cependant, suite à la découverte de logiciels malveillants comme Stuxnet – spécifiquement conçu pour cibler les systèmes industriels –, l'idée reçue selon laquelle « réseaux fermés = sécurité » n'est plus valable. Cet incident a suscité un intérêt croissant pour les systèmes de sécurité proactifs.
Approche traditionnelle : Les limites de la mise sur liste noire (Réponse réactive)
L'approche traditionnelle utilisée jusqu'à présent dans de nombreux systèmes est une méthode réactive qui consiste à enregistrer les schémas d'attaque détectés et à les bloquer en conséquence. Également connue sous le nom de détection par signature, cette approche implique la préprogrammation des schémas des menaces connues et leur blocage dès leur détection.
Bien que cette méthode permette de réagir rapidement aux virus connus, elle est impuissante face aux nouvelles attaques et aux vulnérabilités zero-day. De plus, l'identification d'un logiciel malveillant, ainsi que le développement et le déploiement d'un correctif antivirus, prennent généralement entre 24 et 72 heures ; les pertes subies par une entreprise pendant ce laps de temps peuvent être catastrophiques.
Qu'est-ce qu'une liste blanche ?
Une liste blanche est une approche proactive qui n'autorise que l'exécution de programmes autorisés. À l'image de la métaphore consistant à « écrire des éléments vérifiés sur une feuille blanche », elle n'autorise que les logiciels préalablement vérifiés et bloque toute autre exécution.
Comme les équipements industriels n'exécutent généralement que des fonctions spécifiques, les programmes nécessaires à leur fonctionnement sont limités. Par conséquent, un système n'autorisant que les programmes autorisés empêche l'exécution de logiciels inutiles à la source, réduisant ainsi considérablement le risque d'indisponibilité du système due à des attaques inconnues. De plus, comme il limite le champ d'exécution, la consommation de ressources et les coûts d'exploitation sont généralement faibles.
Toutefois, se limiter à « un nombre restreint de programmes » ne suffit pas à constituer une bonne liste blanche. Pour une mise en œuvre efficace, plusieurs conditions doivent être remplies.
Conditions d'une liste blanche efficace
Premièrement, une liste des applications autorisées doit être automatiquement constituée et accessible à tous. L'enregistrement manuel des applications une par une est fastidieux et peut entraîner des omissions dues à des erreurs humaines.
Deuxièmement, si la gestion centralisée de la liste blanche doit faciliter le déploiement et la gestion sur l'ensemble des appareils via le réseau, elle doit également permettre un déploiement et un fonctionnement indépendants sur les appareils non connectés au réseau. Il est essentiel que chaque appareil continue de fonctionner normalement même en cas de défaillance du dispositif central.
Troisièmement, la liste blanche ne doit pas se limiter à une liste statique, mais doit être générée et mise à jour dynamiquement. Si de nouveaux programmes doivent être autorisés pour assurer le bon fonctionnement du matériel, ils doivent être automatiquement intégrés ou approuvés rapidement par un administrateur.
Quatrièmement, pour fonctionner correctement même sur des équipements industriels simples, les frais généraux doivent être faibles. Autrement dit, le dispositif de sécurité lui-même ne doit pas consommer de ressources excessives ni perturber le fonctionnement du système.
Défis futurs et recommandations
Bien que les listes blanches constituent une approche très utile pour la sécurité des installations industrielles, il ne faut pas oublier que les attaques évoluent au même rythme que les technologies de sécurité. Il est donc nécessaire d'aller au-delà de la simple application de listes blanches et de viser une amélioration et un perfectionnement continus.
Les mesures d'amélioration possibles comprennent la mise en place d'un système de partage de renseignements sur les menaces basé sur le cloud, l'adoption de techniques de mégadonnées pour l'analyse des schémas d'attaque et la mise en œuvre de mesures de synchronisation et de verrouillage sécurisées entre les systèmes centraux et les terminaux. La mise en œuvre simultanée de ces mesures nous rapprochera de la garantie d'un fonctionnement continu des installations de production.
En conclusion, le recours exclusif à des mesures réactives présente des limites évidentes en matière de sécurité des installations de production. Des effets préventifs concrets ne peuvent être obtenus que si une liste blanche bien conçue est associée à un cadre opérationnel et de gestion adapté, et si une surveillance continue et un partage d'informations garantissent un fonctionnement stable à long terme.