Le film « Gattaca » pose-t-il la question de savoir si la vie humaine est déterminée par la génétique ?

Dans cet article de blog, j'examinerai le débat sur le génie génétique et les « humains sur mesure » à travers le film « Gattaca », et je résumerai les arguments pour et contre, ainsi que les critiques de chacun.

 

Le film « Gattaca » et les vies définies par la génétique

Le film « Gattaca » dépeint une société où les progrès scientifiques, technologiques et biotechnologiques permettent de manipuler l'information génétique pour créer des êtres humains dits « sur mesure ». Dans ce monde, le protagoniste Vincent, né naturellement, est fragile, sujet aux maladies et porteur de gènes récessifs comme la myopie ; de ce fait, il est relégué à un statut social inférieur car considéré comme génétiquement « inférieur ».
À l'inverse, son jeune frère Anton naît en pleine santé grâce à des manipulations génétiques qui ont éliminé sa prédisposition aux maladies physiques et mentales. Vincent rêvait de devenir astronaute, mais à la Gattaca Corporation, son patrimoine génétique le cantonnait à un poste d'agent d'entretien. Cette représentation du statut social et des opportunités déterminés par l'information génétique soulève la question centrale du film : la vie d'une personne peut-elle être déterminée uniquement par son patrimoine génétique ?
Je crois que si la vie humaine est indéniablement influencée par les circonstances, elle dépend en grande partie de la volonté et des choix de chacun. Dans le film, la scène où Vincent, qui perdait systématiquement aux compétitions de natation en mer durant son enfance, renforce sa détermination et finit par gagner illustre symboliquement le rôle de la volonté. De tels exemples peuvent être interprétés comme la preuve que les facteurs génétiques ne déterminent pas entièrement le destin d'une personne.
De plus, les termes « dominant » et « récessif » en génétique ne constituent pas des critères de « supériorité ». Il arrive que des couleurs de peau ou de cheveux généralement appréciées soient en réalité des caractères récessifs. Par conséquent, il est éthiquement problématique que des parents choisissent la taille, l’état de santé, voire la personnalité de leur enfant avant même sa naissance. L’être humain « parfait » n’existe pas, et il est injustifiable que d’autres puissent décider de la vie d’une personne dès sa naissance.

 

Arguments en faveur des « humains sur mesure » et critiques à leur égard

Un étudiant défendant le point de vue opposé soutient que les « humains sur mesure » ​​ne visent pas simplement à créer des êtres humains supérieurs. Il affirme au contraire qu'ils pourraient constituer une solution fondamentale aux défis futurs, tels que la baisse de productivité due au vieillissement de la population, la diminution de la population active causée par la faiblesse du taux de natalité, ainsi que la pollution environnementale et les phénomènes météorologiques extrêmes. Par exemple, il est avancé que ces « humains sur mesure » ​​permettraient à la société de s'adapter à ces défis en améliorant la productivité, en prolongeant la vie active, en renforçant l'immunité contre les maladies et en éliminant les prédispositions aux troubles mentaux.
De plus, il est suggéré que, comme le montrent certains films, la discrimination peut être gérée en interdisant légalement les préjugés lors du recrutement, et que les questions éthiques peuvent être résolues par un consensus social et des recherches approfondies. L'étudiant souligne également que, puisque cela n'est pas encore une réalité, un débat suffisant et une meilleure sensibilisation du public sont indispensables.
Voici mon analyse de cette proposition. Premièrement, l'idée de résoudre les problèmes du vieillissement de la population et de l'âge de la retraite obligatoire par la seule modification génétique est irréaliste. La question de la retraite obligatoire ne se résume pas à une simple question de capacités physiques ; elle est largement déterminée par les structures économiques et sociales. L'allongement de l'espérance de vie ne peut à lui seul résoudre fondamentalement les problèmes d'emploi des personnes âgées ni celui de la retraite obligatoire.
L'argument selon lequel les problèmes environnementaux devraient être résolus par une « adaptation de l'être humain » n'est pas convaincant. La solution fondamentale à la pollution et à la raréfaction des ressources réside dans la restauration de l'environnement et la création de systèmes durables ; il n'est pas acceptable de modifier génétiquement les êtres humains pour les adapter à des environnements hostiles.
De plus, l'idée que les problèmes puissent être résolus par la simple promulgation de lois contre la discrimination sous-estime la réalité. Si les lois sont nécessaires, elles ne peuvent éliminer instantanément les préjugés sociaux et les inégalités structurelles, causes profondes de la discrimination. Prétendre qu'il est possible de surmonter les difficultés par la seule force de volonté revient également à faire peser le fardeau sur les personnes vulnérables. Il est injuste d'attribuer la discrimination et les souffrances vécues par les gens ordinaires à la seule responsabilité individuelle de les « surmonter ».
Enfin, l’introduction d’« êtres humains sur mesure » soulève la question de la dictature des vies et des droits d’autrui. Les décisions concernant la manière dont on façonne la vie d’une personne, ainsi que la définition des « qualités » requises, sont subjectives et dangereuses. Si nous respectons la dignité humaine et le droit à la recherche du bonheur, nous devons aborder avec la plus grande prudence l’institutionnalisation technologique et sociale qui consiste à déterminer la vie d’une autre personne dès sa naissance.
En conclusion, les questions soulevées par le film « Gattaca » ne relèvent pas de la simple science-fiction ; elles nous incitent à anticiper les enjeux éthiques auxquels nous serons confrontés. Plutôt que d’accepter sans réserve les avantages et les commodités offerts par les technologies génétiques, nous devons également prendre en compte les libertés et les droits individuels, ainsi que le risque d’aggravation des inégalités sociales.

 

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