Quand et comment la banque centrale devrait-elle ajuster les taux d'intérêt ?

Dans cet article de blog, nous examinons comment les ajustements du taux d'intérêt de référence — un outil clé de la politique monétaire — affectent l'économie, ainsi que l'importance du calendrier et de la méthodologie.

 

Le rôle et l'importance de la politique monétaire

La politique monétaire désigne l'ajustement par la banque centrale des taux d'intérêt ou de la masse monétaire afin d'atteindre des objectifs économiques tels que la stabilité des prix. Elle a un impact significatif sur l'ensemble de l'économie et joue un rôle essentiel dans la promotion de la stabilité et de la croissance de l'économie nationale. Les opérations d'open market, un instrument représentatif de la politique monétaire, consistent pour la banque centrale à acheter et vendre des obligations auprès d'institutions financières privées afin d'aligner les taux d'intérêt sur le marché financier sur le taux directeur fixé par la banque centrale. Lorsque la banque centrale achète des obligations, les taux d'intérêt baissent ; lorsqu'elle en vend, ils augmentent. Des taux d'intérêt plus bas stimulent la consommation et l'investissement, dynamisant l'activité économique et alimentant l'inflation, tandis que des taux d'intérêt plus élevés entraînent une contraction de l'économie et une baisse de l'inflation. Ainsi, les effets des opérations d'open market se répercutent sur l'ensemble de l'économie.
La politique monétaire ne se limite pas à l'ajustement des taux d'intérêt ; elle doit également prendre en compte un éventail plus large d'impacts économiques. Par exemple, elle influe aussi sur le taux de chômage. Lorsque les taux d'intérêt baissent, le coût des investissements pour les entreprises diminue, ce qui leur permet de créer davantage d'emplois et peut, à terme, entraîner une baisse du chômage. Inversement, lorsque les taux d'intérêt augmentent, le coût des investissements pour les entreprises s'accroît et l'emploi peut diminuer. Par conséquent, la banque centrale peut utiliser la politique monétaire pour promouvoir non seulement la stabilité des prix, mais aussi la stabilité de l'emploi.

 

L'importance de la proactivité et de la crédibilité des politiques

Pour qu'une politique monétaire de banque centrale atteigne ses objectifs, elle doit, entre autres, être proactive et crédible. Premièrement, pour être proactive, la politique monétaire exige que la banque centrale anticipe les fluctuations économiques et prenne des mesures préventives. Il existe un décalage temporel entre la décision de fixer le taux directeur et la mise en œuvre des opérations d'open market, et la manifestation effective de leurs effets ; ce décalage, appelé « délai exogène », rend la proactivité essentielle. Par exemple, si une banque centrale attend que l'économie soit déjà entrée en récession avant de baisser son taux directeur, ce délai peut entraîner des effets négligeables, une fois la récession déjà amorcée. Dans ce cas, des effets secondaires tels qu'une surchauffe économique peuvent survenir. Il est donc souhaitable que la banque centrale mène une politique monétaire proactive.
De plus, la politique monétaire ne peut réussir sans la confiance du public. Par conséquent, la banque centrale doit veiller à ne pas compromettre la crédibilité de ses politiques. Cependant, les avis divergent quant à la manière dont la politique monétaire peut gagner la confiance du public. L'économiste Milton Friedman préconise une « politique fondée sur des règles », selon laquelle la banque centrale s'engage à respecter des objectifs ou des méthodes opérationnelles précis, qu'elle qualifie de « règles », et à les appliquer en toutes circonstances. Par exemple, supposons que la banque centrale promette au public un taux d'inflation cible. Si le public fait confiance à cette promesse, les craintes inflationnistes s'apaiseront. Toutefois, une fois les prix stabilisés, la banque centrale pourrait envisager de stimuler l'économie. Le problème est que si le public perçoit cette incohérence, la confiance envers la banque centrale sera ébranlée. Les partisans d'une politique fondée sur des règles soutiennent que, dans de tels cas, il est préférable que la banque centrale respecte systématiquement son engagement initial.
L'indépendance de la banque centrale est également essentielle pour renforcer la crédibilité de la politique monétaire. Si la banque centrale peut agir indépendamment du gouvernement et des pressions politiques, cela contribue à accroître la confiance du public. Une banque centrale indépendante peut mettre en œuvre des politiques visant la stabilité économique à long terme, ce qui améliore la prévisibilité économique et renforce la confiance du public.

 

Le conflit entre les approches fondées sur des règles et les approches discrétionnaires

Toutefois, il est également vrai que le public éprouve des difficultés à juger, à partir des seuls résultats a posteriori, si la banque centrale avait l'intention de respecter les règles, et qu'il n'existe aucun moyen de contraindre cette dernière à les suivre. Contrairement aux approches fondées sur des règles, les approches discrétionnaires privilégient des réponses politiques flexibles face à l'évolution de la conjoncture économique et considèrent l'application stricte des approches fondées sur des règles comme difficilement réalisable en pratique.
De plus, cela soulève la question de savoir si une politique fondée sur des règles constitue réellement la meilleure approche. En effet, en cas de fluctuations économiques plus importantes que prévu, les règles préétablies peuvent devenir un obstacle. Si la crédibilité de la politique est importante, cela ne signifie pas pour autant que la banque centrale doive se conformer aux règles à tout prix.
Les partisans d'une politique discrétionnaire estiment qu'il est préférable que la banque centrale réagisse avec souplesse en fonction de la situation. Par exemple, face à une crise financière mondiale imprévue, la banque centrale risque de ne pas réagir adéquatement si elle s'en tient strictement à des règles préétablies. À l'inverse, la possibilité d'ajuster sa politique monétaire à sa discrétion permet une réponse plus efficace aux crises. Par conséquent, la banque centrale doit mener sa politique monétaire en combinant judicieusement règles et pouvoir discrétionnaire selon les circonstances.
Enfin, la transparence des politiques de la banque centrale est essentielle pour instaurer la confiance du public. La banque centrale doit divulguer en toute transparence son processus d'élaboration des politiques et expliquer clairement le contexte et la justification des changements de politique. Cela permet au public de comprendre et de faire confiance aux politiques de la banque centrale. La transparence des politiques facilite une communication fluide entre la banque centrale et le public, ce qui contribue en définitive à renforcer la stabilité économique.

 

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