Comment la loi traditionnelle des rendements décroissants va-t-elle évoluer à l'ère des technologies de l'information ?

Dans cet article de blog, nous examinerons comment la loi traditionnelle des rendements décroissants évolue en raison des rendements croissants et des externalités de réseau à l'ère des technologies de l'information.

 

L'économie traditionnelle a longtemps soutenu que l'augmentation continue des facteurs de production entraînerait vraisemblablement, à un certain moment, une diminution du taux de croissance de la production. Cette perspective était particulièrement répandue dans les secteurs traditionnels comme l'agriculture et l'industrie manufacturière. C'est ce qu'on appelle la loi des rendements décroissants, et elle était considérée comme valable dans les économies industrielles centrées sur des biens tels que les céréales ou le fer. Par exemple, dans une exploitation agricole, l'ajout d'engrais ou de main-d'œuvre pourrait initialement stimuler la production, mais à terme, des contraintes naturelles comme les limitations du sol entraîneraient une baisse des rendements.
Dans de telles situations, la production peut certes augmenter significativement dans un premier temps avec la hausse des intrants. Cependant, à terme, la qualité du travail risque de se dégrader, et l'efficacité de l'organisation du travail ou de la gestion atteindra probablement ses limites. De plus, l'utilisation efficace des ressources étant limitée, on finit par se heurter au seuil des rendements décroissants. Cette loi a servi d'avertissement à de nombreuses entreprises et à de nombreux économistes soucieux d'optimiser l'utilisation des ressources. Elle nous enseigne également qu'il est crucial de trouver le niveau optimal d'intrants, plutôt que d'accroître indéfiniment les facteurs de production.
Lorsque la loi des rendements décroissants s'applique, les entreprises productrices de biens adaptent leur échelle de production pour maximiser leurs profits. Plutôt que d'augmenter leur production de manière aveugle, elles cherchent à trouver et à maintenir cette échelle optimale. Par conséquent, plusieurs entreprises produisant le même produit entrent sur le marché et se font concurrence. Finalement, l'entreprise capable de proposer un produit de qualité supérieure à un prix inférieur acquiert un avantage concurrentiel. Cette concurrence profite également aux consommateurs, en leur offrant la possibilité d'acheter des produits de meilleure qualité à des prix plus bas.
Cependant, la situation a radicalement changé avec l'avènement de l'ère numérique. La loi des rendements croissants, selon laquelle la production augmente de manière disproportionnée avec les intrants, a commencé à se manifester dans divers secteurs. L'ère numérique présente une tendance diamétralement opposée à la loi des rendements décroissants. Désormais, il est courant que la production augmente de façon plus significative avec les intrants. Ce phénomène s'explique par la forte baisse du coût moyen de production à mesure que l'échelle de production augmente. Le coût moyen correspond au coût engendré pour produire une unité d'un bien. Des secteurs tels que l'industrie de l'information, l'industrie du logiciel, l'industrie culturelle et le secteur des services – qui caractérisent l'ère numérique – sont des exemples typiques de secteurs présentant ce phénomène de rendements croissants. En effet, si les coûts de développement initiaux sont élevés, les coûts additionnels restent minimes, même lorsque le volume de production augmente.
Le phénomène des rendements croissants s'observe non seulement du côté de l'offre, mais aussi du côté de la demande. Du côté de la demande, ce phénomène résulte souvent d'externalités de réseau. Ces externalités se produisent lorsque la valeur d'un produit augmente avec le nombre d'utilisateurs, procurant ainsi des avantages non intentionnels à l'entreprise productrice, sans aucun coût. C'est l'une des raisons pour lesquelles les entreprises qui conquièrent des parts de marché acquièrent des avantages concurrentiels plus importants, lesquels, combinés aux économies d'échelle, renforcent leur position dominante sur le marché.
Par conséquent, lorsque des externalités de réseau apparaissent, une entreprise qui a déjà conquis le marché peut continuer à accroître sa production sans que ses profits ne diminuent, conformément à la loi des rendements croissants. Au contraire, son avantage concurrentiel se renforce au fil du temps, lui permettant de consolider sa position monopolistique. Il devient alors difficile pour les nouvelles entreprises d'entrer sur le marché ou d'acquérir un avantage concurrentiel. Sur les marchés où s'applique la loi des rendements croissants, les entreprises chercheront à développer leur production au maximum permis par la taille du marché, dans le but d'éliminer complètement leurs concurrents. De plus, lorsque des externalités de réseau apparaissent, l'entreprise pionnière acquiert une position extrêmement avantageuse. Même si les nouveaux entrants possèdent des avantages concurrentiels en termes de qualité ou de prix, il leur devient extrêmement difficile de survivre sur le marché.
Par conséquent, la concurrence fondée sur la qualité ou le prix perd de son efficacité sur ces marchés. Cela signifie que la structure économique de l'ère des technologies de l'information est fondamentalement différente de celle de l'ère industrielle, révélant les limites des théories économiques traditionnelles. L'ère des technologies de l'information exige de nouveaux modèles économiques, rendant la diversification et l'innovation économiques de plus en plus cruciales. De ce fait, prévoir et expliquer l'économie à l'aide des méthodes de l'ère industrielle est devenu difficile à l'ère des technologies de l'information. L'élaboration de politiques et de stratégies adaptées à ce nouvel environnement économique est devenue une tâche essentielle tant pour les entreprises que pour les nations.

 

A propos de l'auteure

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Je suis un « détective de chats ». J'aide à réunir les chats perdus avec leurs familles.
Je me ressource autour d'un café latte, j'aime marcher et voyager, et j'élargis ma pensée par l'écriture. En observant attentivement le monde et en suivant ma curiosité intellectuelle de blogueur, j'espère que mes mots pourront apporter aide et réconfort à autrui.