Dans cet article de blog, j'explorerai les questions soulevées par les éléments documentaires présents dans les films de fiction et par le style réflexif de Kiarostami concernant l'écriture que j'envisage de poursuivre.
Réflexions sur l'écriture et la nouveauté
Ces derniers temps, je me pose souvent la question suivante : « Comment écrire d'une manière nouvelle ? » Si la nouveauté est toujours importante dans l'art, je suis de plus en plus préoccupé par la recherche d'une approche nouvelle qui me convienne spécifiquement.
Je n'analyse pas scrupuleusement chaque livre publié un par un, et je ne prédis pas systématiquement le type d'écriture qui émergera à l'avenir. En revanche, je réfléchis fréquemment au style que je souhaite adopter, à la question de savoir si je ne me répète pas et si ce que j'écris est véritablement original.
Bien que mon objectif en suivant ce cours de documentaire ne fût pas précisément d'innover dans mon écriture, le thème du cours, « les éléments documentaires présents dans les longs métrages », m'a offert l'occasion de repenser mon écriture. En particulier, le concept de « réflexivité » abordé en cours m'a amenée à y réfléchir profondément pendant plusieurs jours, en lien avec la conception de mon roman.
À l'époque, je réfléchissais à un roman à rendre comme devoir. Même à l'approche de la date limite, aucune combinaison d'idées satisfaisante ne me venait à l'esprit, alors je m'efforçais chaque jour de relier les pensées qui me traversaient l'esprit, les événements que je vivais et les histoires que j'entendais à mon roman.
C’est à cette époque que j’ai entendu le terme « réflexivité » en cours, et je me suis immédiatement interrogée sur ce qu’impliquait concrètement l’écriture réflexive. L’idée que la réflexion ne se limite pas à l’autocritique, mais qu’elle consiste plutôt à « revoir » ou à « repenser » les choses, a particulièrement résonné en moi.
La réflexivité de Kiarostami, la trilogie de Koker et la qualité documentaire
Le film d'Abbas Kiarostami, « Et la vie continue », suit le réalisateur et son fils à la recherche des deux jeunes garçons qui apparaissaient dans son précédent film, « Où est la maison de mon ami ? ». La route de Koke est bloquée, les bâtiments s'effondrent, et le film relate la douleur et le quotidien des personnes rencontrées en chemin, tandis que les nouvelles du tremblement de terre sont diffusées à la radio. Le film documente avec minutie la situation à Koke à cette époque.
Le film saisit avec désinvolture diverses scènes. Un vieil homme que le réalisateur et son fils rencontrent sur la route, un enfant buvant une boisson chaude dans une vitrine cassée, des véhicules transportant des secours, un enfant qui pleure dans les bois : toutes ces scènes révèlent l’état des lieux et les réactions des habitants.
Pendant ce temps, dans un refuge temporaire à Koké, un homme installe une antenne pour regarder un match de football. Il a perdu sa famille, mais déclare : « Je ne peux pas rester indéfiniment en deuil. » J’ai eu l’impression que les scènes où le réalisateur interroge les personnages servent parfois à apaiser la tension dramatique.
« And Life Goes On » dépasse le simple documentaire pour révéler le point de rencontre entre l'œuvre du réalisateur et la réalité. Le réalisateur part à la rencontre des protagonistes de ses propres films et, ce faisant, les amène, ainsi que les habitants, à s'exprimer sur son travail. De par cette structure, le film acquiert naturellement une dimension introspective.
Les scènes où le réalisateur rencontre des personnages de ses œuvres précédentes et discute des différences entre la mise en scène et la réalité sont particulièrement marquantes. Par exemple, les moments où l'on découvre que la maison du film n'appartenait pas réellement à la personne, ou lorsque les circonstances des scènes mises en scène sont révélées. Même une scène mineure, comme celle de l'assistant réalisateur apportant un bol au grand-père, est recréée dans ce contexte de réflexion.
Ainsi, « Et la vie continue », à l'instar de la représentation des ruines par Roberto Rossellini après la Seconde Guerre mondiale, révèle fortement des éléments documentaires grâce à sa qualité de documentaire sur place et à son autoréférence, malgré son statut de film de fiction.
Réflexivité, hypertexte et mon écriture
Mes cours et les films de Kiarostami m'ont permis d'approfondir ma réflexion sur l'écriture réflexive. La méthode consistant à réécrire un roman que j'ai écrit – c'est-à-dire à restructurer l'œuvre et à créer une structure où le récit s'entremêle avec la personnalité de l'auteur – est une démarche que j'ai déjà observée chez de nombreux écrivains. Cependant, ce qui m'intéresse, c'est de savoir si cette démarche dépasse la simple autoréférence pour proposer une attitude ou une perspective particulière.
Récemment, la scène littéraire coréenne a connu une tendance à privilégier le style et la forme. Certaines œuvres mettent l'accent sur la prose ou la forme singulière de l'auteur, au détriment du récit, tandis que d'autres, dites hypertextuelles, ont émergé, où les histoires s'entremêlent et se développent de manière interactive.
Les œuvres de Kiarostami, « Où est la maison de mon ami ? », « Et la vie continue » et « À travers les oliviers » (la trilogie de Koke), racontent chacune une histoire différente tout en restant interconnectées, formant une chaîne qui les relie les unes aux autres. À cet égard, je crois que ces œuvres possèdent des éléments hypertextuels.
Bien que la réflexivité et l'hypertexte ne soient pas totalement synonymes, je me suis surprise à constamment associer ces deux concepts en réfléchissant à mon écriture. J'imaginais comment les procédés autoréférentiels au sein d'une œuvre et les renvois entre les récits pouvaient révéler la réflexivité.
Finalement, je n'ai pas rédigé de roman à forte dimension réflexive pour le devoir de ce semestre. N'étant pas encore convaincue que mon style d'écriture constituait une « nouvelle approche », j'ai préféré consacrer mon temps à traduire en mots les images sur lesquelles je pouvais me concentrer.
Un jour, j'aimerais écrire un roman riche en réflexivité. Pour ce faire, il me faudra le distinguer consciemment des romans hypertextuels et réflexifs existants, ou trouver des points de convergence qui les différencient. J'estime également qu'il est nécessaire d'approfondir mes recherches et mes expérimentations sur l'utilisation des éléments documentaires dans mon écriture.
J'ai brièvement évoqué la notion de « réflexivité », l'élément qui m'a le plus marqué jusqu'à présent dans mes cours de documentaire. Je conclus cet essai en organisant les questions soulevées par l'interaction entre mes réflexions sur l'écriture et les caractéristiques documentaires que j'ai observées dans les œuvres de Kiarostami.