Cet article de blog examine la réalité de la disparition des langues dans le monde et discute de nos efforts et de notre rôle dans la préservation de la diversité linguistique.
Les langues ne perdurent que si les enfants les apprennent. En découvrant le monde, en communiquant et en forgeant leur identité grâce au langage, les enfants transforment celui-ci, simple outil de communication, en un pont entre culture et histoire. Par conséquent, si une langue n'est utilisée que par les adultes, sa disparition est quasi inévitable. Si une langue n'est pas transmise aux enfants, elle s'estompera naturellement avec le temps. Cela signifie que les connaissances, la culture et les traditions qui lui sont inhérentes disparaîtront également.
Les linguistes mettent en garde contre la tragédie qui menace l'histoire humaine à cause de ce raisonnement. Un linguiste estime qu'environ 150 langues, soit environ 80 % des langues amérindiennes existantes, sont en voie de quasi-extinction. Ces langues sont à peine préservées par les dernières générations d'aînés, tandis que la nouvelle génération grandit sans les apprendre. En Alaska et dans le nord de la Sibérie, 40 langues, soit 90 % des langues existantes, sont menacées. Ces régions sont confrontées à des défis pour préserver leurs langues et cultures uniques en raison du changement climatique rapide et des pressions économiques. En Amérique centrale et du Sud, 160 langues (23 %) sont menacées d'extinction, tandis qu'en Australie, 225 langues (90 %) devraient disparaître. Ces régions, qui abritaient autrefois diverses langues et cultures coexistantes, sont aujourd'hui rapidement absorbées par les langues dominantes.
À l'échelle mondiale, environ 3 000 langues, soit 50 % des langues existantes, sont en voie de disparition. Si environ 600 langues comptant plus de 100 000 locuteurs sont relativement préservées, les langues restantes, soit 90 % des langues du monde, pourraient disparaître avant la fin du XXIe siècle. Cette extinction linguistique représente plus qu'un simple déclin statistique ; elle représente une perte profonde pour la culture humaine. Lorsqu'une langue disparaît, elle emporte avec elle des modes de pensée uniques, des savoirs traditionnels et des visions du monde singulières. Cela équivaut à la perte définitive d'une partie du patrimoine intellectuel de l'humanité.
Les causes de l'extinction massive des langues sont diverses. Les locuteurs de langues autochtones sont confrontés à la destruction de leur habitat, au nettoyage ethnique et à une éducation assimilationniste. Outre le déclin rapide du nombre de locuteurs, la diffusion des médias électroniques – souvent qualifiée de « gaz neurotoxique culturel » – y contribue également. Dans le contexte de la mondialisation, les médias électroniques et Internet renforcent certaines langues minoritaires, tandis que leurs locuteurs se retrouvent de plus en plus souvent dans des environnements où la survie devient difficile sans l'utilisation de la langue dominante. Bien sûr, nous pouvons contribuer à prévenir l'extinction des langues en enrayant les mouvements sociaux et politiques qui y contribuent, tout en développant des ressources pédagogiques, des œuvres littéraires, des programmes télévisés, etc., dans la langue autochtone. De plus, même les langues menacées d'extinction peuvent être revitalisées grâce à un engagement durable en faveur de leur utilisation comme langues officielles, comme ce fut le cas pour l'hébreu au XXe siècle. La coopération entre les communautés locales et les gouvernements, ainsi qu'une prise de conscience mondiale, sont essentielles à ce processus. Ce n'est que lorsque nous reconnaîtrons tous la valeur des langues et nous efforcerons de les préserver que nous pourrons surmonter la menace d'extinction linguistique.
En toute logique, tout comme nous ne pouvons préserver toutes les espèces animales et végétales de la planète, nous ne pouvons pas – et peut-être ne devrions-nous pas – préserver toutes les langues. Les enjeux moraux et pratiques sont ici intimement liés. Lorsqu'une communauté linguistique choisit d'adopter une langue dominante qui garantit son développement économique, quel groupe extérieur peut l'obliger à conserver sa langue autochtone ?
De plus, l'usage de langues différentes au sein d'une même communauté peut engendrer de graves divisions. Pourtant, malgré ces défis, nous ne pouvons rester les bras croisés alors que plus de 50 % des langues du monde sont menacées d'extinction. Nous devons respecter la diversité humaine et la sagesse qu'elle recèle, et nous efforcer de préserver autant de langues que possible. Il ne s'agit pas seulement de sauvegarder des langues ; il s'agit aussi de préserver notre propre avenir.
Pourquoi devrions-nous nous préoccuper des langues menacées d'extinction ? La diversité linguistique témoigne de l'étendue des capacités linguistiques de l'humanité. Puisque la langue incarne l'histoire et la géographie humaines, son extinction équivaut à la destruction par le feu d'une bibliothèque entière renfermant des documents historiques. De plus, la langue constitue le fondement même de la poésie, des récits et des chants au sein d'une culture. Par conséquent, si l'extinction des langues se poursuit jusqu'à ce qu'il ne subsiste que quelques langues dominantes, elle compromet la diversité culturelle de l'humanité. En outre, une telle perte linguistique pourrait impacter la créativité et les capacités de résolution de problèmes. La diversité linguistique reflète la diversité des modes de pensée, et cette diversité joue un rôle crucial dans la résolution de problèmes complexes. En conséquence, la perte de diversité linguistique pourrait limiter le potentiel de développement de l'humanité.
En fin de compte, nous devons reconnaître que préserver les langues est synonyme de préserver notre patrimoine culturel et intellectuel. Et pour transmettre ce patrimoine aux générations futures, nous devons déployer tous les efforts possibles dès aujourd'hui. Car la langue est plus qu'un simple outil de communication ; c'est un atout essentiel qui incarne notre identité et notre histoire.