L’élargissement des admissions régulières aux examens d’entrée à l’université en Corée est-il un plan de réforme équitable ?

Cet article de blog examine si l'élargissement des admissions régulières dans les universités coréennes constitue un plan de réforme équitable et analyse son impact sur l'autonomie universitaire et la diversité éducative.

 

Politique d'admission universitaire qui ignore les universités : augmentation des quotas d'admission réguliers

En Corée, plus de 500 000 étudiants analysent chaque année les procédures d'admission universitaire afin d'intégrer l'établissement de leur choix, en sélectionnant la voie la plus avantageuse. Chaque université propose différentes modalités d'admission, telles que l'admission classique, l'admission anticipée et l'admission sur la base de l'égalité des chances, chacune exigeant des qualifications et des méthodes de vérification spécifiques. Bien que les universités conçoivent des procédures d'admission correspondant au profil de leurs étudiants idéaux, elles ne peuvent échapper aux contraintes des politiques éducatives gouvernementales.
Le gouvernement coréen a révisé sa politique d'admission à l'université à seize reprises au cours des soixante dernières années. Récemment, l'administration de Park Geun-hye a annoncé un plan de simplification des procédures d'admission, prévoyant l'élargissement de la voie classique, axée sur le test d'aptitude scolaire universitaire (CSAT), et la réduction de la voie d'admission anticipée, qui privilégie les résultats scolaires et d'autres méthodes d'évaluation telles que la rédaction de dissertations et les entretiens oraux. En conséquence, l'Université nationale de Séoul a augmenté d'environ 7 % la part des admissions classiques, un chiffre qui était en baisse annuelle, et d'autres universités suivent une tendance similaire.
Je crois que cette politique d'admission gouvernementale est inappropriée. Les universités devraient être à l'initiative de l'enseignement supérieur, et l'élargissement des admissions classiques non seulement compromet leur autonomie, mais peut aussi engendrer divers effets néfastes. En particulier, il risque de ne pas respecter l'individualité des universités et d'accentuer les hiérarchies entre elles.

 

L'individualité universitaire et les limites des admissions régulières

Premièrement, l'élargissement des admissions classiques basé sur les scores du CSAT ne respecte pas l'individualité des universités. Les universités sont des institutions fondamentales qui dispensent un enseignement supérieur final, du primaire au supérieur. Chaque université propose une formation spécialisée, fondée sur sa propre philosophie éducative et son profil d'étudiant idéal. Pour ce faire, les universités sélectionnent leurs étudiants selon des méthodes d'admission distinctes. Les objectifs et les idéologies éducatives des universités étant inévitablement différents, les départements comme les arts et l'éducation physique sélectionnent leurs étudiants par l'évaluation de leurs compétences pratiques, tandis que les départements axés sur la recherche évaluent les connaissances fondamentales équivalentes à celles de l'enseignement secondaire.
De plus, même au sein d'une même filière, les qualités exigées des étudiants varient considérablement d'une université à l'autre. Par exemple, la faculté de design de l'université Hongik privilégie l'admission sur dossier, en se basant principalement sur les notes du lycée et les entretiens, tandis que l'université Chung-Ang met l'accent sur l'évaluation des compétences pratiques des étudiants par le biais d'examens portant sur un portfolio. Ainsi, chaque université sélectionne les talents les plus prometteurs grâce à des méthodes d'évaluation distinctes, un processus essentiel à la réalisation de son identité et de ses objectifs pédagogiques.
Cependant, l'élargissement des admissions classiques ignore le caractère unique de chaque université, imposant une sélection uniforme des étudiants basée sur les scores du CSAT. Se fonder uniquement sur ces scores ne permet pas d'apprécier les qualités recherchées par les universités et peut nuire à la réalisation de leurs objectifs pédagogiques. À terme, les universités devront supporter des coûts plus élevés pour atteindre leurs objectifs et la satisfaction des étudiants diminuera inévitablement.

 

Expansion des admissions régulières et intensification de la hiérarchie universitaire

Deuxièmement, l'élargissement des admissions régulières pourrait accentuer la hiérarchie universitaire. Les universités coréennes fonctionnent déjà selon une structure hiérarchique, comme en témoignent les termes « SKY » et « In-Seoul » qui distinguent les établissements de premier plan de ceux de second rang. Cette hiérarchie repose principalement sur des méthodes d'évaluation centrées sur les scores CSAT. Ces scores quantifient la réussite scolaire des étudiants, ce qui facilite le classement des universités.
Avec l'augmentation du poids des admissions classiques, le classement linéaire des universités selon les scores du CSAT s'intensifie. Évaluer les étudiants uniquement sur la base de ces scores ignore la diversité des critères d'évaluation propres à chaque université et à ses besoins, facilitant ainsi la comparaison et le classement des établissements. Ce phénomène contribue à consolider les classements universitaires et à accentuer les hiérarchies entre étudiants.

 

La relation entre les admissions précoces et l'enseignement privé

Concernant l'élargissement des admissions classiques, certains affirment que les admissions anticipées développeront le marché de l'enseignement privé et creuseront les inégalités de richesse. Cependant, des études montrent que le développement des admissions anticipées a en réalité entraîné une baisse des dépenses liées à l'enseignement privé. En 2010, alors que ces dépenses diminuaient de 3.5 % par rapport à l'année précédente, la part des admissions anticipées, concentrée autour des responsables des admissions, a considérablement augmenté, impactant négativement le marché de l'enseignement privé. De plus, des recherches indiquant que les élèves préparant une admission anticipée ne dépensent pas davantage pour l'enseignement privé que ceux qui ne s'y préparent pas confortent cette thèse.
À l'inverse, la procédure d'admission classique, axée sur le CSAT, est identifiée comme un facteur contribuant à la hausse des coûts de l'enseignement privé. L'expansion des admissions classiques basées sur le CSAT, suite à la politique de partenariat avec EBS, a conduit un plus grand nombre d'élèves à étudier les ressources d'EBS par le biais de cours particuliers et à utiliser des contenus pédagogiques complémentaires proposés par des établissements privés. Ce constat contredit l'affirmation du gouvernement selon laquelle la diffusion du CSAT par EBS permettrait de réduire les coûts de l'enseignement privé.

 

Conclusion

En conclusion, les politiques contraignant les universités à accorder une importance accrue aux admissions classiques compromettent leur autonomie et risquent d'aggraver les problèmes liés aux classements universitaires. En imposant une méthode d'évaluation uniforme fondée sur les scores du CSAT, les admissions classiques bafouent le droit des universités de sélectionner les talents qu'elles souhaitent et peuvent entraîner une baisse de la qualité de l'enseignement. De plus, les politiques d'admission centrées sur le CSAT ont pour effet pervers de développer le marché de l'enseignement privé et d'imposer aux étudiants un apprentissage par cœur.
Par conséquent, je crois qu'une orientation politique plus souhaitable consiste à maintenir la diversité des méthodes d'évaluation grâce à un système d'admission continue et à laisser les universités sélectionner les étudiants de manière autonome. Les politiques d'admission universitaires devraient évoluer et dépasser la simple évaluation des notes pour s'orienter vers un système d'évaluation diversifié qui prenne en compte les aptitudes et le potentiel variés des étudiants. Cela contribuera à améliorer la qualité de l'enseignement et à offrir aux étudiants un plus large éventail de possibilités.

 

A propos de l'auteure

écrivain

Je suis un « détective de chats ». J'aide à réunir les chats perdus avec leurs familles.
Je me ressource autour d'un café latte, j'aime marcher et voyager, et j'élargis ma pensée par l'écriture. En observant attentivement le monde et en suivant ma curiosité intellectuelle de blogueur, j'espère que mes mots pourront apporter aide et réconfort à autrui.